Misogyne, le bijou de Saison

Elle est sculpteur. Orfèvre déjantée. Extravagante magicienne. Caroline Purgal expose Misogyne, sa ligne de bijoux ensorcelants à la Foire d’Orfèvrerie, dans l’Orangerie du château de Seneffe.

Après un temps, je reviens vers elle. Aucune hésitation. Les bijoux qu’elle présente lors d’un marché estival de créateurs, m’intriguent. Une dînette en porcelaine sort tout droit des rêves d’une Alice qui aurait pris le thé, assise sur les genoux d’Henri Miller… A porter en sautoir, boucles d’oreilles ou pour l’objet à regarder en tant que tel, la collection Alice livre un message aussi cru que délicat. De quoi réfléchir.

Qui est Misogyne? Caroline Purgal. La jeune plasticienne belge au logo stylisé, -un utérus-, plonge dans cette grande foire d’empoigne qu’est la mythologie assignée au sexe féminin pour créer des œuvres qui façonnent leurs propres récits.

Soyons Misogyne! Caroline Purgal est toutes à la fois, Lilith, Salomé, Alice, Diane, Antigone ou Isadora… Ces Amazones resurgissent -pour le Bien ou le Mal- dans des créations-capsules, quand chaque Saison est façonnée minutieusement dans son atelier, laissant libre cours à d’infimes différences puisque chaque femme est unique. En suivant le modèle de ces femmes fatales mythologiques, Caroline Purgal dit vouloir prend le contre-pied d’un monde de l’art trop fermé. C’est pourquoi elle réalise des objets artistiques en série limitée mais également des bijoux dédiés à un public qui cherche de la contemporanéité de qualité en petit et grand format.

Il en est tout autant de la Saison Diane. Des écorces serties sont à la fois parures sauvages et précieuses sculptures. Une force obscure surgit de cette recherche plastique qui va bien au-delà de la forme. « Ce sont des fragments d’écorces d’arbres protégés du village d’Olne, précise-t-elle d’une voix si douce qu’on s’y tromperait. Bien sûr, je ne les ai pas écorcés! J’ai dû demander pas mal d’autorisations pour en faire des moulages. Et sous surveillance! »

Dans ce pays de Herve, terre de saveurs connue aussi pour les arbres à clous, -ces arbres guérisseurs qu’ils soient chêne ou tilleul plusieurs fois centenaires-, Caroline Purgal a trouvé un lien matériel qui enchante son univers farouchement personnel et féministe. Entre humour décalé et gravité guerrière, l’artiste qui exposait en 2016, à Liège, une autre facette de son travail de plasticienne et sculpteure à la galerie Flux (Lino Polegato), nous emporte dans un monde aussi primitif qu’actuel où « l’Homme a eu besoin de découper son territoire pour mieux le posséder », écrit-elle lors d’une performance.

En argent et fluorite, le dernier carat de cette diablesse prometteuse se découvre au Musée de l’Orfèvrerie de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dominique Legrand

 

Infos. Dimanche 15 octobre. Foire d’Orfèvrerie, deuxième édition, Orangerie du château de Seneffe, rue Lucien Plasman 7-9, Seneffe. http://www.chateaudeseneffe.be. L’ensemble des exposants sont des antiquaires spécialisés en orfèvrerie belge. L’Institut Jeanne Toussaint fait découvrir la création de bijoux actuels, dont les récentes « Saisons » Misogyne de Caroline Purgal.

 

Crédits.  Caroline Purgal.

 

 

 

 

 

 


Une réflexion sur “Misogyne, le bijou de Saison

  1. Je voulais simplement vous dire que je trouve vos articles merveilleusement bien écrits, construits et fournis de contenus intéressants. De plus en plus rare ! Merci 🙂

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